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Publié : 24 mai 2004

Mettre des livres en réseaux

La mise en réseaux

Proposer à des élèves de mettre en lien des œuvres entre elles, c’est offrir un éclairage particulier sur l’œuvre étudiée. _ L’élève en devenant lecteur autonome cultivé, réinvestira pour lui-même cette habitude culturelle dans son parcours dans la littérature. " Chaque lecture est le lieu de réinvestissement de lectures anciennes et le tremplin pour de nouvelles lectures. " [1] _ Ainsi l’objectif essentiel d’une lecture en réseaux à l’école, c’est de faire découvrir aux jeunes élèves le rôle de l’intertexte [2] dans l’interprétation du texte et des images et la nature dialogique du langage. La lecture en réseau deviendra peu à peu l’habitude du jeune lecteur qui pourra de lui-même mettre en relation, associer les éléments de signification, construire le sens... Il faut que les enfants soient, très tôt, dans la comparaison de textes pour qu’ils comprennent que les livres se répondent à l’infini. Offrir à la perspicacité et au jugement de jeunes lecteurs, un corpus de livres déjà constitué, oblige à des lectures différentes de la lecture " suivie ". On pourra distinguer différentes mises en réseaux : -le réseau " intertextuel " _ Par exemple, Pauvre Verdurette, de Claude Boujon, renvoie à la fable de La Fontaine, La grenouille qui voulait devenir aussi grosse que le bœuf, à des contes de rois et de princesses grenouilles et à des parodies comme Armelle la toute belle. - le réseau " intra-textuel " [3] _ Des livres d’un même auteur, qui ont des points communs et peuvent s’éclairer les uns les autres pour repérer sa manière de s’exprimer, ses thèmes favoris et sa façon de les traiter : par exemple : Anthony Browne, Peter Sis, Claude Ponti, Marie-Aude Murail... - le réseau par genre _ Par exemple, le roman policier et ses variantes, le conte et ses parodies, le roman historique, le roman épistolaire, le fantastique... - le réseau centré sur des personnages _ Après avoir dégager leur portrait physique et psychologique, on compare avec les textes pour savoir si leur rôle et leur comportement sont en concordance. Exemple de personnages typiques : la sorcière, la fée, l’ogre, le monstre, le détective, les personnages mythologiques... - le réseau qui traite d’un grand sujet _ Par exemple, la différence, les générations, le sens de la vie [4], la guerre, les droits de l’enfant, la séparation... - le réseau " architecture littéraire " _ La place du narrateur, la narration en Je ou Il, le point de vue [5], les jeux de langage [6]... " ...la lecture en constellation ou la lecture d’ouvrages isolés oblige parfois à des lectures complémentaires - en écho - explicitant par exemple le contexte dans lequel se déroule l’histoire, proposant des parcours de lectures dans des ouvrages dans lesquels des informations concourent à l’intelligibilité d’un texte ou des textes. C’est alors que pourront être convoqués d’autres récits, des documentaires, des usuels plutôt en tant qu’outils, en tant que référents par rapport à un sujet ou un contexte mal connu du jeune lecteur. C’est ainsi que le roman historique se doublera d’une lecture en écho de documentaires éclairant la période historique évoquée. _ Pour lire en constellation, il faut savoir parfois faire des détours, sortir du champ littéraire strict pour explorer d’autres genres afin de mieux cerner les limites, d’apprécier les inférences, les franges, l’inclassable des œuvres de littérature de jeunesse. " [7]

Notes

[1In Documents d’application des programmes : Littérature cycle III.

[2le concept d’intertextualité : les livres parlent toujours d’autres livres, toute écriture est une réécriture.

[3C. Tauveron & F. Grossmann - repère, n°19 - INRP 1999

[4ces thèmes sont le support de mallettes conçues par le groupe des conseillers pédagogiques d’Indre et Loire.

[5ces thèmes sont le support de mallettes conçues par le groupe des conseillers pédagogiques d’Indre et Loire.

[6idem

[7ONL