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Publié : 6 avril 2007

L’album

L’album est la forme littéraire spécifique de la littérature de jeunesse.
Pendant très longtemps, l’album ne présentait que des images qui illustraient des moments du texte et en proposaient une lecture interprétative parmi d’autres.
Les Albums du Père Castor apparaissent en 1927 et, c’est le nom de cette collection qui s’imposera pour désigner cette forme propre à la littérature de jeunesse.
On notera que les images des albums deviennent narratives quand la société commence à considérer les enfants comme actifs.

Quand l’image a un autre rôle que de décoration ou de respiration, le lecteur doit articuler texte et image pour construire l’histoire. Dans un album, le texte génère des images mentales et les images suscitent des mots. Le texte combat la polysémie des images et, inversement les images réduisent la polysémie du texte en comblant une partie des blancs. Mais, ce faisant, elles introduisent un autre type de polysémie plus complexe dépendant de leur articulation avec le texte. La production du sens par le lecteur nécessite un aller-retour constant entre texte et images, ce qui modifie le mode de lecture conventionnel.

L’histoire que racontent les images n’est pas exactement celle que raconte le texte. C’est comme s’il y avait deux narrateurs : l’un responsable des images, l’autre du texte. Ils doivent composer ensemble. Pour ce faire, ils ont plusieurs solutions : il y a soit soumission de l’un à l’autre (avec pour effet redondance ou insistance), soit affrontement (le texte ne racontent pas ce que racontent les images), soit la narration est partagée. Ces trois solutions peuvent se retrouver dans le même album. Elles jouent sur l’explicite, l’implicite et l’économie de narration.

L’explicite c’est ce que dit le texte ou montre l’image.
L’implicite du texte, ce sont les blancs et/ou ce qui est suggéré par la polysémie de la langue ainsi que les éléments intertextuels. L’implicite des illustrations sera créé par la discontinuité des images, la polysémie des images et l’intericônité (qui est à l’image ce qu’est l’intertextualité aux textes).
L’économie de la narration se fera par le texte ou par l’image. Il est plus facile de représenter une action par l’image par exemple. La dimension temporelle sera plus souvent prise en compte par le texte.... Mais, il n’y a pas vraiment de règle en la matière.