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Publié : 24 mai 2004

Le récit, la narration

I. Le schéma narratif
À partir de l’observation de récits brefs (contes, fables...) on pourra tenter de faire découvrir aux élèves que le récit est un processus de transformation (agie ou subie, positive ou négative) qui fait passer un ou des personnages d’un état initial à un état final .
Cette transformation est provoquée par une complication qui prend souvent la forme d’un événement inattendu (une menace par exemple) et trouve son terme dans la résolution qui permettre d’atteindre un nouveau point d’équilibre. Ce processus s’inscrit par ailleurs dans une succession temporelle d’actions que l’on pourrait se proposer de schématiser ainsi :

 On pourra par ailleurs observer avec les élèves que ces schémas narratifs peuvent se complexifier :

  • une(de) nouvelle(s) complication(s) peut(vent) intervenir avant la situation finale, on aura alors de récits enchaînés ou répétés
  • plusieurs trames narratives peuvent se dérouler en parallèle, se croiser
  • des micro-récits peuvent venir s’enchâsser dans une macro-structure

 

II. L’organisation temporelle du récit
On distinguera deux niveaux dans le récit :

  • le temps de l’histoire, c’est à dire l’époque à laquelle se déroulent les évènements et l’ordre dans lequel ils ont lieu (ordre chronologique)
  •  le temps de la narration, c’est à dire l’ordre et le rythme qu’adopte le narrateur pour raconter ces évènements

II.1. L’ordre dans la narration
Souvent, surtout dans la littérature de jeunesse, la narration présente les évènements dans leur ordre chronologique, toutefois, le narrateur peut également provoquer des ruptures temporelles : - le retour en arrière : le narrateur décide d’interrompre la narration chronologique pour revenir à des évènements antérieurs ou plonger un de ses personnages dans ses souvenirs. Ce retour en arrière peut avoir une valeur explicative ou de rappel.

l’anticipation permet d’évoquer des évènements ultérieurs avec une valeur d’annonce ou pour créer un effet d’écho

II.2. Le rythme de la narration
Le narrateur ne saurait rendre compte de la durée réelle des évènements qu’il rapporte, il fait des choix d’accélération, de ralentissement... qui lui vont permettre de moduler le rythme de sa narration : 

  •  l’ellipse passe sous silence tout un pan plus ou moins long des aventures pour en souligner l’importance ou la futilité
  • le résumé (sommaire) résume brièvement toute une période dont le contenu dramatique reste secondaire 
  •  la scène correspond à un temps fort, à un moment clef sur lequel le narrateur s’attarde en particulier pour y développer la dimension psychologique des personnages 
  •  la pause interrompt la narration pour permettre des développements explicatifs, descriptifs, poétiques...

III. L’incipit
On désigne ainsi le début d’un récit et plus particulièrement d’un roman, ses dimensions sont très variables, de quelques paragraphes à un chapitre entier. Il est particulièrement intéressant, dans la perspective de l’écriture, d’amener les élèves à observer comment le narrateur et donc l’auteur s’y prend pour immerger le lecteur dans sa fiction.
L’incipit remplit tout d’abord différentes fonctions :

  • il programme la suite du texte (genre, choix énonciatifs...)
  • il accroche le lecteur (adresse directe, suspens, dramatisation...)
  • il crée un monde fictif contextualisé
  • il permet d’entrer dans l’histoire Il peut par ailleurs prendre différentes formes :
    • informatif, il peut suspendre l’action par une description permettant de planter le décor de l’histoire
    • progressif, il peut distiller des éléments utiles à la compréhension sans donner toutes les clefs
    • " in medias res ", il précipite le lecteur dans une action déjà en cours
    • énigmatique, il peut enfin donner très peu d’informations pour dérouter le lecteur.

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